Cécile Dumoulin : «La violence a toujours existé dans les cours de récré. Il n’y a pas d’alarme à tirer mais il faut être vigilant.»
Cécile Dumoulin, député UMP des Yvelines a été missionnée par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale pour réaliser avec Patrice Verchere, député du Rhône, un rapport visant à mieux lutter contre les jeux dangereux. Il en ressort 19 propositions. La députée commente sa démarche. Qu’est-ce-qu’un jeu dangereux ? «Il en existe deux types. Il y a ceux de non-oxygénation, d’évanouissement, de strangulation ou de suffocation tournés vers l’expérimentation du corps. Le plus connu est le " jeu du foulard ". Ils s’exercent en groupe ou en solitaire. On est sur une pratique addictive qui peut déboucher sur un drame. L’autre type, ce sont les jeux d’agression qui ont souvent lieu dans les cours d’école. On est plus sur de la traumatologie ou de la pression psychologique. Les enfants, sous couvert de jeux, ne se rendent pas compte de la violence qu’ils peuvent infliger. Ils ne disent pas " on va taper sur quelqu’un " mais " on va faire un jeu ".» Y a-t-il danger et urgence ? «La violence a toujours existé dans les cours de récré. Il n’y a pas d’alarme à tirer mais il faut être vigilant. Ce qui est inquiétant, c’est qu’elle est un peu plus organisée. Les jeux de non-oxygénation ont causé, l’an dernier, 13 morts, et c’est un chiffre a minima. Nous avons beaucoup de mal à les recenser. Une de nos propositions est de pouvoir mieux les identifier.» Pourquoi pas un code de la cour ? «Il n’est pas question de légiférer sur la cour d’école. L’idée est de proposer aux établissements qui le souhaitent de travailler conjointement entre enseignants, parents et enfants sur un projet établissant ce qu’on peut faire ou pas dans la cour. C’est aussi un éveil au civisme. Les enfants adhèrent mieux à un projet auquel ils ont participé. Et ça leur permet de s’exprimer. Aujourd’hui, les cours d’école sont aseptisées. Une de nos propositions vise à favoriser les jeux collectifs sans surveillance particulière.» Faut-il mieux encadrer internet. «C’est la source n° 1 de l’information des enfants. Les images, lorsqu’elles ne sont pas contrôlées, peuvent avoir des conséquences dramatiques. On aimerait donc travailler avec les hébergeurs pour qu’ils retirent les pratiques pouvant mettre en danger l’enfant. Sous la dénomination d’incitation au suicide. Il s’agirait aussi de mettre en place les outils juridiques permettant de sanctionner les personnes diffusant des contenus illicites.» Qu’en est-il de la formation des enseignants ? «Il serait bien qu’ils aient une formation à la psychologie, qu’on leur explique comment réagir avec un enfant en difficulté, comment orienter ceux qui souffrent vers une prise en charge. Et qu’on leur apprenne à repérer les signes d’une pratique de jeux dangereux.» Quelles seront les suites à ce rapport ? «Je ne suis pas certaine que cela débouche sur une proposition de loi, car tout n’est pas forcément du domaine législatif. Pour l’instant, on fait le tour de tous les ministères concernés pour voir comment nos 19 propositions peuvent être appliquées à la rentrée 2010.»
Le "code de la cour": enfin une mesure pour lutter contre les jeux dangereux dans la cour de récré .
Écrit par Sophie Serhani
A la recherche de sensations nouvelles et fortes, victimes de l'attrait pour le risque, et sujets à braver l'interdit, les enfants sont nombreux à avoir au moins une fois, testé l'expérience des jeux dangereux dans la cour de récréation. Afin d'enrayer cette tendance, deux députés, Cécile Dumoulin (Yvelines), et Patrice Verchère (Rhône), ont remis un rapport sur les jeux dangereux, mercredi 21 octobre 2009.
Le document préconise plusieurs mesures pour mieux connaître et mieux prévenir ces pratiques à risques, avec notamment, la proposition d'un "code de la cour". Explications...
QUE PROPOSE LE RAPPORT ? Après consultation auprès des plusieurs personnels d'éducation, et de responsables d'association (notamment l'association "SOS Benjamin", voir l'interview de la Présidenteci-après),quatre axes principaux sont ressortis:
Il a semblé nécessaire de mieux cerner le phénomène en recensant les incidents auprès des pompiers et de la police.
Informer les parents et les professionnels qui travaillent auprès des enfants. Une sensibilisation au problème des jeux dangereux a été envisagée à la formation des professeurs des écoles et à la formation au BAFA.
Prévenir les comportements dangereux en associant les enfants à la rédaction d'un "code de la cour".
Action via Internet en mettant en exergue les vidéos qui mettent en scène ces jeux, et la création d'une nouvelle infraction pénale qui sanctionnerait la mise en ligne de ces vidéos a été envisagée.
EN QUOI CONSISTE LE "CODE DE LA COUR"? Magali Duwelz, Présidente et fondatrice de l'association "SOS Benjamin", se bat depuis treize ans pour sensibiliser aux risques encourus par les enfants, lorsqu'ils pratiquent les jeux dangereux. Elle a également collaboré avec les deux Députés, Cécile Dumoulin (Yvelines), et Patrice Verchère (Rhône), afin de remettre le rapport sur les jeux dangereux à l'Assemblée Nationale. Elle nous donne son point de vue sur la proposition d'un "code de la cour":
" Je trouve qu'il s'agit là d'une très bonne décision. Nous y travaillons depuis le mois de juin avec les deux Députés, et après treize ans de combat, le "code de la cour" représente une grande avancée. Au sein de notre association, nous organisions déjà des conférences, et nous intervenions auprès des enfants avec un groupe d'éducateurs afin de leur réapprendre à jouer, mais cela nous a demandé beaucoup de travail. Aujourd'hui, avec la mise en place de ce "code de la cour", je me demande simplement quels seront les moyens mis en place pour l'appliquer. Les deux Députés avec lesquels nous avons travaillé sont de très bonne volonté, ils se sont réellement mobilisés pour enrayer ce problème des jeux dangereux. Une chose est sûre: ils veulent agir, et le "code de la cour" sera un très bon moyen de sensibiliser aux dangers de ces types de jeux si toutes les écoles s'y tiennent."
"SOS Benjamin" est l'une des associations pionnières dans la dénonciation de ces pratiques, et estime que 10 à 20 enfants décèdent chaque année à cause de ces pratiques. Selon une enquête commandée par la Fondation de France et l'association "SOS Benjamin", et menée par TNS Sofres en 2007, auprès de 489 jeunes âgés de 7 à 17 ans, on apprend également que 15% des enfants n'ont pas du tout conscience du danger que représentent ces jeux, et des conséquences qui en découlent, et que 12% des enfants reconnaissent leur participation à ces jeux.
Avec l'instauration d'un "code de la cour", qui ressemblerait, selon Magali Duwelz, à "un code de la route, expliquant ce qu'il convient ou non de faire dans la cour de récréation", espérons que ces jeux perdront de leur succès au plus vite auprès des plus jeunes.
Le "jeu du foulard "tue à nouveau
(31/10/2009)
Un Brainois âgé d’à peine 9 ans décède après s’être étranglé à l’aide d’une ceinture
BRAINE-L’ALLEUD Un peu moins de deux semaines après qu’un jeune enfant de 11 ans a trouvé la mort à Amay après avoir pratiqué le jeu du foulard, un nouveau drame similaire s’est déroulé dans la nuit de jeudi à vendredi à Braine-l’Alleud (Brabant wallon).
En début de soirée, alors qu’il se trouvait seul dans sa chambre où il disposait de la télévision, d’un ordinateur et d’une connexion Internet, un enfant de 9 ans à peine, a saisi une ceinture, se l’est enroulée autour du cou et a serré aussi fort que possible jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Objectif : priver son corps d’oxygène afin d’atteindre un état similaire à celui de l’enivrement.
Malheureusement, ce jeu sordide a tourné au drame. Les parents du jeune Brainois l’ont retrouvé inanimé. Malgré l’intervention des secours, l’enfant est décédé dans le courant de la nuit. Un médecin légiste a conclu à la mort accidentelle du jeune enfant. À l’école Sainte-Bernadette de Braine-l’Alleud, où l’enfant suivait une scolarité normale en 4e primaire, la nouvelle a suscité un profond émoi. Professeurs et élèves sont sous le choc. “Je le connaissais bien” , confie l’un de ses camarades, en 4e primaire également. “On jouait souvent ensemble à la récréation. C’est très triste.”
La cellule du service de police de la jeunesse et le centre PMS ont directement apporté un soutien psychologique aux enfants ainsi qu’à l’équipe professorale. Dès la rentrée, ils reviendront dans l’école pour être à l’écoute des enfants et des enseignants.
“Il n’y a pas de mots pour décrire notre désarroi face à la situation”, indique la directrice de l’établissement scolaire Dominique Verstraeten, dans un mot distribué aux parents d’élèves. “Nous sommes de tout cœur avec les parents et son frère, à qui nous présentons nos plus sincères condoléances.”
Jeu du foulard: le garçon de 11 ans est décédé
(21/10/2009)
Le garçon d'Amay qui avait été hospitalisé après avoir joué au "Jeu du foulard" est décédé
HUY Le petit garçon de 11 ans avait été retrouvé inanimé dimanche par son père dans sa maison familiale d'Amay . Le petit garçon était étranglé par une écharpe dans sa chambre à coucher.
Il avait été transporté à l'hôpital dans un état critique.
La pratique du jeu du foulard est mise en cause. Il s'agit de ce jeu de strangulation auquel se prêtent certains adolescents seuls ou en groupe et qui consiste à priver son corps d'oxygène afin d'atteindre un état proche de l'enivrement.
Le garçon d'Amay qui avait été hospitalisé après avoir joué au "Jeu du foulard" est décédé
Bientôt un « Code de la récré » ?
Créé par le quotidien 20 minutes
Les jeux violents connaissent un succès grandissant, notamment chez les 11-13 ans./ F. DURAND / SIPA
Benjamin avait 10 ans quand on l'a retrouvé pendu dans les toilettes de son école. Parce que le « jeu de la serviette » a tué son fils, Magali Duwelz se bat depuis une dizaine d'années au sein de l'association SOS Benjamin contre les jeux dangereux qui se multiplient dans les cours de récréation. Hier, un tout premier rapport sur le sujet, rédigé par deux députés UMP, a été rendu public. « C'est un grand pas en avant pour nous », se félicite Magali Duwelz.
Le document propose notamment de créer un groupe de travail interministériel afin de définir un plan d'action national. Mais aussi d'informer systématiquement en début d'année scolaire les parents des élèves de primaire et de collège sur les jeux du foulard, de la tomate ou encore du catch, qui connaît un succès grandissant chez les 11-13 ans, essentiellement des garçons. Le rapport recommande même de créer un « Code de la cour ». « Ce serait un règlement spécifique qui inclurait le respect du corps de l'autre, la liberté de jouer ou non », précise Cécile Dumoulin, coauteur du texte. « Depuis trois ans, nous remettons à l'honneur dans des écoles partenaires la marelle, les billes, le jeu des sept familles. Cela permet d'occuper les élèves et d'éviter que des bagarres s'organisent », explique Magali Duwelz. Soulagée qu'enfin, les élus prennent le problème à bras-le-corps. W
Selon une étude canadienne menée cette année auprès de 27.662 élèves agés de 09 à 18 ans, 68% des enfants avaient déjà entendu parler du jeu du foulard.
Qui joue?
Près d’un sur deux (45%) connaissait un ami qui l’a pratiqué et 6,6% avouaient l’avoir testé. “Dans 40% des cas, les jeunes interrogés estimaient que ces pratiques étaient sans risques.” commente Florence Noirhomme, médecin scolaire et chercheuse à l’Université de Liège.
“Or ces jeux peuvent provoquer des lésions cérébrales irréversibles, des paralysies et parfois la surdité ou la cécité. Dans les cas extrêmes, ils conduisent à un coma profond, à un état végétatif voire à la mort”. Selon un recensement réalisé aux Etats Unis entre 1995 et 2005, la mort de 82 jeunes est attribuée au jeu du foulard et ses dérivés. Et lundi, la ministre de la jeunesse Evelyne Huytebroek expliquait qu’en France, le foulard fait un mort par mois et quatre fois plus de victimes atteintes de séquelles graves.
Pourquoi jouent ils?
Ces jeux sont d’abord pratiqués en groupe et en cachette des adultes. Etrangleurs et étranglés échangent leurs rôles respectifs. Il y a souvent un initiateur. Les jeunes recherchent des sensations intenses, la prise de risque, la perte de conscience ou l’état de réveil-survie.
Quels sont les signes d’alertes?
“Les jeunes qui s’y adonnent peuvent avoir des traces suspectes sur le cou, parfois camouflées par une écharpe.” pointe Florence Noirhomme-Renard. “Ils peuvent aussi se plaindre de maux de têtes violents et parfois récidivants. Les autres symptômes sont des douleurs articulaires, une vision floue, une diminution de la concentration ou des rougeurs suspectes au visage. Il y a aussi les éventuelles questions posées sur les effets du jeu ou la présence de liens ou de cordes dans la chambre de l’enfant.”.
Faut il en parler avec l’enfant?
La réponse est oui, si certains éléments vous conduisent à penser que votre enfant est adepte à ce jeu. La prudence est, par contre, de mise si nous n’avez aucune certitude. “Selons certains scientifiques, la connaissance des risques n’est pas un facteur de protection. Paradoxalement, ce soucis de prévention inciterait des adolescents à rechercher le danger. Toutefois, les parents de victime disent que le silence des adultes développe le fantasme du jeu chez l’enfant” prévient la spécialiste liégeoise. Il faut donc initier le débat en douceur au sein de la famille et favoriser le dialogue avec l’adolescent, souvent enclin par sa nature au refus”.
Au rayon des jeux dangereux pouvant s'avérer mortels, on connaissait le jeu du foulard, qui consiste à étrangler l'autre jusqu'à provoquer une asphyxie. Mais, aujourd'hui, le « jeu » en vogue dans les cours de récréation, c'est le petit pont massacreur. Le principe : un enfant écarte les jambes, un ballon est lancé ; s'il ne le rattrape pas, il est roué de coups par ses camarades. C'est ce qu'a vécu Yvane il y a tout juste une semaine. Yvane a 12 ans. Scolarisé en classe de 5e au collège René-Descartes, dans le quartier du Mont-Gaillard, il a été passé à tabac, à la fin du cours d'éducation physique et sportive, dans les vestiaires. Peu après 16 heures, ils sont une dizaine de garçons à se changer. Certains décident de jouer au petit pont massacreur. Yvane refuse et n'attrape pas le ballon. « Alors, ils s'en sont pris à lui. Ils lui ont fait un croche-pied et sa tête a heurté un banc. Ils lui ont mis sa capuche puis l'ont frappé », indique Stéphane Louvet, son papa. Quelques minutes plus tard, deux enfants préviennent leur professeur de sport. Yvane a perdu connaissance. L'infirmière alerte son père, qui arrive rapidement au collège. « On m'a dit que mon fils avait fait un malaise. » Une ambulance est appelée. Elle transporte la victime à l'hôpital Flaubert pour passer une batterie d'examens. Yvane y restera vingt-quatre heures. Bilan pour la jeune victime : un traumatisme crânien nécessitant dix jours d'incapacité temporaire de travail et un choc psychologique à vie.
« Aujourd'hui, il ne veut plus retourner au collège », témoignent les parents du jeune garçon, qui ont décidé de le changer de collège. « Je ne sors plus de chez moi », confie l'enfant. Pour la sécurité d'Yvane et de ses deux frères, ils souhaitent également quitter le quartier. Au lendemain des faits, les parents ont déposé une plainte pour « violences volontaires en réunion » à l'hôtel de police. Une première au Havre en matière de jeux dangereux. Une enquête est en cours. Des collégiens ont été auditionnés ces derniers jours. Si la responsabilité de l'un d'eux était engagée, il ne risquerait rien au niveau pénal car il s'agit de mineurs de moins de 13 ans. Néanmoins, des mesures éducatives pourraient alors être prononcées. Hier après-midi, l'inspecteur d'académie n'a pu être joint. Quant à la principale du collège, elle explique qu'elle n'est pas habilitée pour parler de cette agression. Mais ce qu'aimeraient avant tout Virginie et Stéphane Louvet, c'est « que les parents soient alertés de ces pratiques et qu'ils en parlent à leurs enfants ». Des enfants qui, comme Yvane, ignorent souvent que ces « jeux » peuvent être dangereux. VANESSA LEROY « Nous voulons que les parents alertent leurs enfants » Jacques Racapé Responsable du Syndicat des enseignants du second degré au Havre Dans ces jeux, nous pensons que c'est l'encadrement insuffisant qui pose problème. Si on avait plus souvent les élèves en demi-groupe par exemple, on pourrait arrêter ces pratiques. Quand j'enseignais dans un établissement dit difficile, parfois ces jeux se terminaient mal. » Une association aide les victimes SOS Benjamin est une association de parents victimes des jeux dangereux, fondée par Magali Duwelz, après le décès de son fils Benjamin à l'âge de 10 ans. Un enfant retrouvé pendu dans les toilettes de son école, victime du jeu du foulard. Dans un livre « Alerte aux jeux dangereux », cette maman lance un cri d'alarme. Il existe plus de 90 variantes de jeux dangereux (foulard, pendu, cravate, petit pont massacreur, la machine à laver, l'anniversaire, le cercle infernal, happy slapping…). Depuis 1995, ces jeux auraient tué plus de 200 enfants.
Selon une enquête commandée par la Fondation de France et l'association SOS Benjamin et menée par TNS-Sofres à l'été 2007 auprès de 489 jeunes de 7 à 17 ans et 578 parents ayant au moins un enfant âgé de 7 à 17 ans, 15 % des enfants n'ont pas du tout conscience du danger que représentent ces jeux et les conséquences qui en découlent ; 12 % des enfants reconnaissent leur participation à ces jeux dont 23 % des garçons contre 7 % des filles, ce qui représente 1 million d'enfants ; 71 % des enfants affirment connaître des jeux dangereux ; 43 % des enfants sont confrontés au jeu du foulard ; 65 % des parents pensent que leurs enfants connaissent ces jeux ; 40 % de ces mêmes parents estiment que ces jeux ne sont pas pratiqués à l'école primaire mais uniquement au collège et au lycée.
Publié le jeudi 1 octobre 2009 à 10H25 LA PROVENCE.COM
Cinq élèves arlésiens ont respiré de l'Eau écarlate pour faire une expérience. D'autres se provoquent des malaises ou reproduisent des prises de catch. Parents et enseignants tirent la sonnette d'alarme
Le jeu "du foulard" est très pratiqué dans la région.
"Trente secondes de bonheur", "rêve bleu", "rêve indien", "jeu du cosmos", derrière ces noms un brin oniriques se cache parfois un véritable cauchemar qui peut conduire au coma voire à la mort. Par asphyxie, suffocation ou strangulation, l'adolescent cherche à atteindre "le nirvana".
En freinant l'irrigation sanguine du cerveau par compression de la carotide, du sternum ou de la cage thoracique, il se provoque "des sensations intenses" et "des visions pseudo-hallucinatoires"."Certains jeunes ont pratiqué ces jeux de non-oxygénation sous la contrainte ou la pression d'un groupe, rapporte la direction générale de l'enseignement scolaire. Mais l'enfant peut aussi reproduire seul l'étranglement grâce à un lien quelconque, avec un risque accru de strangulation ou de pendaison."
Les exemples les plus courants dans la région sont les jeux de "la tomate" ou "du foulard", dont la pratique intensive peut entraîner une réelle dépendance. Les joues rouges, des traces sur le cou, les oreilles qui bourdonnent, de violents maux de tête, une soudaine agressivité... sont autant de signes qui peuvent alerter les parents à la participation active, ou subie, de son enfant à ces "jeux de non-oxygénation".
S'il rentre souvent avec les vêtements déchirés, des traces de coups sur le corps, refuse d'aller en classe, présente des troubles du sommeil... il peut être la victime, consentante ou contrainte, de "jeux d'agression", très en vogue dans les cours de récréation mais qui sont de véritable guide de "torture" entre adolescents.
"Le cercle infernal", "la cannette", "le petit pont massacreur", "la tatane"... ont tous la même règle de base : un objet est lancé au sein d'un cercle de jeu et le malheureux qui ne le rattrape pas est roué de coups par les autres.
La violence du groupe s'abat parfois de façon arbitraire, sans que la victime n'ait donné son accord. Là, il n'y a même plus d'enjeux. C'est le hasard qui frappe. Comme au "jeu de la mort subite" ou "de la couleur" qui consiste à humilier et à battre toute la journée un enfant qui porte des vêtements de la couleur désignée le matin.
Tout aussi cruel, le "jeu de Beyrouth" : si la proie ne connaît pas la capitale du Liban, elle est frappée sur ses parties génitales. "Des petites filles ont été déflorées à cause de ce jeu, s'alarme Magali Duwelz, présidente de l'association "SOS Benjamin". Si les blessures physiques peuvent être importantes, les dégâts psychologiques sont aussi énormes."Laetitia Sariroglou
Autre "jeu" de récréation!!!
Tout d'abord, je voulais vous remercier de vos réactions suite à mon post de mardi concernant le jeu du "baptême" et les mots violents de l'instit de mon fils. Suite à tout ceci, nous avons eu une discution (mon fils et moi), hier mercredi. Il m'a avoué qu'il existait un autre "jeu" tout aussi violent : LA BOULETTE ! la règle est la suivante : ils forment une équipe comme s'ils jouaient gentiment "au chat" et crient un prénom. Le prénom de l'enfant cité est pourchassé dans la cour...Une fois rattrapé, il a le droit à des coups dans l'estomac, des croche-pattes, etc. Voilà, où nous en sommes...Suite à la dernière réaction de Magali, je suis allée sur son site http://www.jeuxdangereux.fr et j'ai trouvé quelques éléments intéressants et malheureusement me concernant...Jeans déchirés, maux de tête...Quelques signes qui m'ont faient froid dans le dos. A chacune de mes interventions dans cet établissement scolaire, on m'a prise pour une emmerdeuse (excusez l'expression) et on ne m'a jamais prise au sérieux. J'ai interdit mon fils de jouer avec les "caïds" de la cour, tout en lui expliquant, la raison de cette interdiction. Il m'a répondu : "Mais, maman sije n'accepte pas les règles, je serai exclu!!!" Si la "jungle" commence en primaire, je ne sais pas où ces mômes se retrouveront plus tard. Les instits minimisent LA CHOSE et mon fils craint les repraisailles. Puisqu'il m'a ajouté : je ne suis pas une "boucave"....désolée d'entendre ce mot-là sortir de la bouche de mon fils de 11 ans, sachant que les mots font partie de ma vie...Voilà un petit aperçu de certaines activités "physiques" des cours de récréation. Public ou privé, n'est pas la question. Je parle au nom de toutes les mamans conscientes que l'école n'est pas toujours seulement instructive...Par mon métier, je vais pouvoir dénoncer (même si je suis une "boucave") les pratiques de certains enfants...Si certains connaissent ce genre de "jeux"...
CONSEIL GENERAL DE L'ESSONNE
En 13 ans, près de 300 enfants sont morts en France après avoir joué au jeu du foulard. Il existe aujourd'hui 90 jeux de ce type, dits jeux dangereux, pratiqués par près de 12% des enfants. L'association SOS Benjamin-ONECR, qui se bat contre ce fléau, nous livre quelques conseils précieux pour éviter ces drames.
"Il y a 13 ans, mon fils Benjamin a été retrouvé pendu dans les toilettes de son école après avoir joué au jeu du foulard. Il avait 10 ans. Depuis, j'ai décidé de témoigner, pour faire connaître ces jeux dangereux et peut-être sauver des vies." Malgré les années qui se sont écoulées, l'émotion est toujours perceptible dans la voix de Magali Duwelz, présidente fondatrice de l'association SOS Benjamin-ONECR qui se bat contre les jeux dangereux.
Le 3 mars dernier à Evry, elle animait une conférence-débat organisée par la PEEP de l’Essonne, sur ce fléau des cours d’écoles, encore mal connu par le monde des adultes. Objectif : apprendre aux parents et aux enseignants à mieux connaître ces jeux pour mieux les prévenir auprès des enfants. Des informations et surtout des conseils précieux, à retenir et à diffuser autour de soi...
Des chiffres inquiétants
D’après une enquête réalisée auprès de 8 millions d’enfants de 7 à 17 ans en 2007, par TNS-Sofres pour l’association SOS Benjamin-ONECR, 26% des enfants de cette tranche d’âge se sont déjà vus proposer des jeux dits dangereux, soit environ 2 millions d’enfants. 12% reconnaissent y avoir participé, soit 1 million d’enfants. Les filles sont presque aussi "kamikazes" que les garçons : parmi eux, on dénombre en effet 45% de filles et 55% de garçons. Le nombre d’enfants morts à la suite de ces jeux n’est pas connu avec précision, mais d’après Magali Duwelz, le plus connu et le plus répandu de ces jeux, à savoir le jeu du foulard, a tué près de 300 enfants en 13 ans.
Qu'est-ce qu'un jeu dangereux ?
On appelle jeu dangereux une pratique au cours de laquelle un jeune porte atteinte à son corps ou à celui d’un copain, en agissant de manière violente ou non sur l’irrigation du cerveau ou sur les parties vitales du corps. L’association SOS Benjamin-ONECR a recensé 90 jeux dangereux différents. Notons que, de tous temps, les enfants ont toujours eu tendance à pratiquer des jeux plus ou moins dangereux. Mais la nouveauté aujourd’hui réside dans la violence de ces jeux, dans la précocité des joueurs et dans leur diffusion, facilitée par les nouvelles technologies : télévision, Internet, téléphones portables, etc.
Deux types de jeux dangereux
On distingue deux types de jeux dangereux : les jeux de non-oxygénation ou d'asphyxie et les jeux d'agression.
Les jeux de non-oxygénation ou d’asphyxie sont désignés par plusieurs noms différents : jeu du foulard, de la tomate, de la grenouille, trente secondes de bonheur, rêve bleu... Le principe reste le même : il s’agit de freiner l'irrigation sanguine du cerveau par compression des carotides, du sternum ou de la cage thoracique, pour ressentir des sensations intenses et des visions pseudo-hallucinatoires liées à l’état d’évanouissement. Cette privation d'oxygène, réalisée par les mains ou avec un lien quelconque (foulard, écharpe ou autre), peut entraîner une dépendance mais aussi des séquelles irréversibles du cerveau, un coma profond et aller jusqu’à la mort.
Les jeux d'agression sont eux basés sur des violences physiques gratuites menées par un groupe d’enfant contre un enfant ou contre plusieurs. Quelques exemples : le jeu du cercle infernal, de la canette, le bouc émissaire, le petit pont massacreur... Là aussi, le principe se rejoint dans les différents jeux : au sein d’un cercle par exemple, un objet est lancé ; le joueur qui ne le rattrape pas devient la victime et est alors roué de coups par les autres joueurs. Ces jeux d’agression peuvent avoir des conséquences aussi graves que les jeux d’asphyxie : hématomes, fractures, hémorragies, séquelles neurologiques, voire décès.
Le profil des joueurs
Sauf dans des cas très rares, "les enfants qui jouent aux jeux d’asphyxie ne sont pas suicidaires !", avertit Magali Duwelz. Ils jouent par curiosité, par défi, pour avoir des sensations fortes ou pour maîtriser leur corps. D’après plusieurs études, les joueurs des jeux du type "foulard" sont souvent décrits comme "casse-cou", curieux, vifs et aimant les nouvelles expériences, même si elles sont dangereuses ou interdites. Mais tous les enfants peuvent, à un moment ou à un autre, avoir envie d’essayer ces jeux. "Le problème, c’est que les enfants n’ont pas conscience du danger et encore moins de la mort", explique encore la présidente de SOS Benjamin-ONECR.
Dans les jeux d’agression en revanche, on distingue agresseurs et victimes. Les victimes sont généralement des enfants anxieux, timides, soumis, qui apparaissent comme des proies faciles. A l’inverse, d’autres enfants sont pris comme victimes parce qu’ils possèdent certaines qualités qui attisent la jalousie et l’excitation. Les agresseurs, dans leur grande majorité, sont des garçons. Parmi eux, on trouve des initiateurs, décrits comme des enfants dominateurs et charismatiques, impulsifs et parfois violents ; et des agresseurs passifs, que l’on peut qualifier de suiveurs, manquant souvent d’assurance, qui deviennent violents sous l’effet du groupe.
Les signes d'alertes
Sans tomber dans la psychose, il existe des signes, physiques et comportementaux, qui peuvent alerter les adultes, parents ou enseignants, de la pratique de ces jeux dangereux.
Des traces rouges autour du cou, des joues rouges, des maux de tête à répétition mais aussi une agressivité soudaine, des questions posées par l’enfant sur les effets de la strangulation doivent inciter à la vigilance. De même, des blessures, des traces de coups, des vêtements déchirés peuvent avoir été causés par des jeux d’agression. Dans les deux types de jeux, l’enfant joueur et/ou victime peut présenter des manifestations anxieuses (trouble du sommeil, refus d’aller en classe, isolement…) et une violence soudaine. Le repérage de ces signes par les adultes est une étape essentielle pour pouvoir ensuite intervenir auprès des enfants.
Quelques conseils
- Expliquer à un enfant ce qui est dangereux pour lui sans toutefois le choquer, avec une attention particulière à ce qu’il peut avoir vu ou entendu à la télévision ou sur internet et qu’il pourrait être tenté de reproduire.
- Lui apprendre que son corps lui appartient, qu'il doit le respecter et le faire respecter par les autres, et surtout que certaines parties du corps, comme le cou ou la poitrine, ne doivent jamais être touchées.
- Lui poser des questions sur ce qu'il fait à la récréation et pendant ses temps libres, quels sont les jeux qu'il pratique avec d'autres enfants... (sans nommer ces jeux pour ne pas éveiller sa curiosité et sans induire les réponses)
- Si vous avez des doutes sur l’éventuelle pratique de jeux dangereux par un enfant, parlez-en avec le responsable de son établissement scolaire, ainsi qu’avec d’autres parents.
- L'inciter à se confier à un adulte s'il a un problème : parents, enseignants, médecin et infirmière scolaire, ou bien encore policier référent dans le collège.
- Se rappeler que dans un groupe, les enfants sont capables de tout... mais aussi que tous les enfants ne mettent pas en péril leur vie ou celle des autres à chaque récréation !
INFIRMIER.COM
Les jeux dangereux dans les cours d’écoles, de lycées et collèges.
Dans la presse nous entendons souvent parler des « jeux dangereux » dans les cours d’écoles, de lycées et collèges. Mais qu’est ce que ces jeux ? Quelles sont leurs conséquences ? Que faire ?
Définition
Il existe deux grandes catégories de jeux dangereux, présents dans tous les lieux de vie des enfants, préadolescents et adolescents :
Les jeux d’asphyxie, par pendaison ou strangulation (jeu dit « du foulard », de la tomate, du sternum, de l’aérosol…). Ces jeux consistent à freiner l’irrigation sanguine du cerveau en comprimant une artère qui conduit le sang à la tête.
Les jeux d’attaque ou d’agression (jeu du bouc émissaire, de la mêlée, du pouilleux massacreur, de la canette, du taureau…). Il s’agit d’une violence physique gratuite menée par un groupe envers un enfant seul ou plusieurs enfants, membres ou non du groupe, consentants ou non.
Conséquences des jeux de non-oxygénation
La pression exercée sur la carotide, par le jeune ou par un copain, provoque une diminution brutale de l’oxygénation du cerveau. Les conséquences immédiates recherchées sont des sensations de type hallucinatoire. Mais elles peuvent être suivies de spasmes, de convulsions, voire d’une perte de connaissance. Si les jeunes cherchent à retrouver ces sensations hors de la présence de copains en utilisant un lien pour comprimer la carotide, le décès est très probable, l’hypoxie cérébrale étant suffisante pour perdre connaissance : en l’absence de témoin susceptible de ranimer le jeune, la situation devient irréversible en 3 minutes. Ces décès ne doivent pas être confondus avec un suicide, malgré les apparences. En outre, même lorsque le jeu est pratiqué en présence de témoins et qu’il n’y a pas perte de connaissance, la privation d’oxygène n’est jamais anodine : les cellules qui ont été privées d’oxygène ont souffert et des séquelles cérébrales peuvent être observées : troubles visuels, troubles de la communication, perte de mémoire, incapacité à faire des gestes quotidiens comme manger, marcher, aller aux toilettes, etc.
Conséquences des jeux d’attaque
Pour la victime, même consentante, les coups reçus peuvent générer de graves traumatismes voire la mort immédiate ou plusieurs jours après l’événement, qu’elle soit liée aux sévices subis ou au stress qu’ils ont généré. Lorsque la victime a été prise au hasard à l’extérieur du groupe, le « jeu » vise également à dégrader l’image de la personne et génère des conséquences psychologiques importantes. Pour l’auteur des faits, les sanctions pénales peuvent être particulièrement lourdes et handicaper son avenir. Selon l’article 121-3 du Code pénal, le fait de causer la mort d’autrui par maladresse, imprudence, manquement, inattention, négligence à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement constitue un homicide involontaire passible de 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. En France, un million de jeunes de 7 à 17 ans pratiquent ces jeux En 2007, la Fondation de France a financé pour l’association SOS Benjamin une étude TNS SOFRES sur l’impact des jeux dangereux dans la société française. Les résultats, publiés le 21 septembre 2007 à la Mairie de Paris pour l’association, sont alarmants : ces jeux dangereux se multiplient. Ils portent au moins 90 noms différents, qui vont du « jeu du foulard » au « happy slapping ». 84 % des enfants interrogés sont en mesure de citer au moins l’un de ces noms et 13 % des enfants disant connaître ces jeux les considèrent sans danger. 1 enfant sur 4 reconnaît qu’on lui a déjà proposé de jouer à un de ces jeux : plus de 2 millions d’enfants ont donc été sollicités. 12 % des enfants admettent y avoir participé, surtout pour faire comme les copains : près d’un million d’enfants de 7 à 17 ans ont déjà participé à des jeux dangereux. Le phénomène commence aussi à toucher les enfants de maternelle. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique, d’autant que les parents sous-estiment le risque : seuls 4 % pensent que leur enfant a déjà participé à un tel jeu et près de la moitié des enfants n’ont jamais parlé de ces activités à un adulte, dont 9 % par peur d’inquiéter ou de faire de la peine… Lors de cette étude, seule la population française a été étudiée mais des phénomènes similaires ont été relevés dans les autres pays européens, aux Etats-Unis et au Canada.
Que faire ?
L’association SOS Benjamin peut vous aider. Elle a pour objectif de développer par tous les moyens la lutte contre ces jeux dangereux qui touchent enfants et adolescents. L’association propose principalement des actions de prévention pour alerter et informer sans psychose et sans mode d’emploi sur la pratique des jeux dangereux :
Interventions dans les établissements dans les établissements scolaires auprès des enfants, des préadolescents, des adolescents, des parents, des professionnels de la santé, des professionnels de l’éducation, de la police, des mairies, des médiathèques, etc. A chaque public correspondent des outils de sensibilisation adaptés.
Fourniture et mise en mains d’un coffret pédagogique de prévention intitulé « Il existe des jeux inoffensifs… et d’autres pas » destiné aux établissements scolaires, bibliothèques, etc.
Mise à disposition de plusieurs supports audiovisuels.
Témoignages auprès des médias.
Concertation avec les organes gouvernementaux, scientifiques, les pouvoirs publics et les associations concernées pour des actions de sensibilisation et d’information.
Coopération avec les services de police, de gendarmerie, de santé, le corps enseignant, les éducateurs, en vue de détecter les jeux dangereux.
Publication d’un livre « Alerte aux jeux dangereux ».
Mise à disposition d’un site Internet pour informer les familles afin de démasquer ces conduites à risques et d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Ce site a recu la certification Hon code / Haute Autorité de Santé (HAS).
L’association apporte également un soutien aux victimes en permettant aux parents éprouvés par le décès de leur enfant ou de graves traumatismes générés par la pratique de ces jeux de trouver un lieu de dialogue et d’échange pour briser le mur du silence qui les enferme trop souvent.
Association SOS Benjamin. Observatoire National d'Etude des Conduites à Risques Agréée par le Ministère de l'Education Nationale Lutte depuis 1998 contre les jeux dangereux http://www.jeuxdangereux.fr tél : 06.33.63.72.06 BP 133 - 89101 Sens cedex
Au fil de l'info Vassy
Un élève victime d’un « jeu dangereux »
L’incident s’est produit dans la cour du collège Anne-Frank à Vassy, vendredi 26 juin. Un élève de troisième a été pris pour cible lors d’un « jeu », en pleine récréation du midi. Subissant les coups de 22 de ses camarades, la jeune victime a été transférée à l’hôpital de Vire. Aucune blessure n’a été constatée, mais les parents de l’élève ont porté plainte, peu après les faits. Les auteurs, qui se sont fait connaître, sont exclus de l’établissement jusqu’aux vacances scolaires. Contacté, le principal du collège a indiqué qu’il ferait tout pour « repérer et éviter les jeux dangereux » au sein de son établissement. Tous les élèves, y compris la victime, étaient présents aux épreuves du brevet des collèges.
DESTINATION SANTÉ
Contre les jeux dangereux, une mère brise le silence
Le 16 novembre 1995, Benjamin Duwelz, 10 ans et demi est retrouvé pendu à un essuie-mains dans les toilettes de son école. Six jours plus tard, il décède des suites de ses blessures. En fait, Benjamin est mort à cause du jeu dit « du foulard ».
Sa mère Magali, refuse d’en rester là. En 1998, elle créée l’association SOSBenjamin. Et aujourd’hui, elle se confie dans un livre sobrement intitulé « Alerte aux jeux dangereux. Jeux de la canette, de la tomate, du sternum… Il en existe plus de 90, tous potentiellement mortels. Par défi, par la recherche de sensations fortes, 207 enfants sont morts de ces derniers depuis 1995. Un chiffre communiqué par SOSBenjamin, car aujourd’hui aucune statistique officielle n’existe à ce sujet.
L’ouvrage de Magali a donc une visée informative et préventive. Il s’adresse aussi bien au public qu’aux professionnels de la santé et de l’enfance. C’est un vrai problème de santé publique, trop souvent ignoré par le monde des adultes. Il est pourtant bien connu des enfants. Une enquête réalisée dans un collège français révèle en effet que près de 70% des enfants scolarisés ont déjà entendu parler de ces jeux. Selon Magali, le phénomène prend de l’ampleur. Et malgré son témoignage, le silence reste la règle. Alerte aux jeux dangereux de Magali Duwelz aux Editions Le Cercle des Auteurs – 296 pages – 19 euros.
Le Pr Koné Drissa, médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Bingerville, explique les causes profondes du suicide chez les adolescents et prodigue des conseils aux parents.
Un enfant à partir de 10 ans est censé commencer à jouir véritablement de la vie. D’où peut lui venir l’idée de se donner la mort ?
La présence d’idée de suicide chez un adolescent n’est pas quelque chose de rare. Il faut savoir que chercher à se donner volontairement la mort soulève des questions. Il y a des groupes vulnérables qu’on identifie tout de suite. Il y a des personnes qui sont fragilisées par des maladies graves, chroniques. Et il y a aussi des personnes âgées et des adolescents. A cette période, les idées de suicide et des comportements ou équivalences suicidaires naissent. Ces équivalences suicidaires peuvent être les conduites précoces à risque, les jeux dangereux, l’usage abusif de l’alcool et de certaines drogues et les comportements sexuels dangereux. Il s’agit aussi des comportements, des con?duites ou des bagarres qui mettent en jeu l’intégrité physique. Dans tous les cas, qu’il s’agisse de suicide, de tentative de suicide ou d’équivalent suicidaire, il faut bien vérifier si on veut faire de la prévention.
Quand est-il pour l’adolescent ?
Quand le jeune arrive à l’adolescence, il doit opérer un choix. Le choix devient un élément important. Il faut choisir de rester dans le giron de la famille ou choisir d’être avec les amis. C’est un choix psychologique qui se pose à l’individu. Qui dit choix, dit le deuil de quelque chose que vous n’avez pas choisi.
C’est-à-dire ?
Par exemple, si vous devez choisir entre un téléphone portable rouge et un bleu, si vous choisissez le rouge, vous devez faire le deuil du bleu. Et ce n’est pas toujours évident de choisir ce qu’on va faire demain. Il y a des cho?ses de ce genre qui imposent des choix. A côté de ces questions liées aux choix, ça peut être sur le plan de la vie sexuelle et sentimentale. Il faut qu’on fasse des choix. Il y a un deuxième aspect qui concerne cette période. C’est une période de transition, de changement. Il faut quitter le monde de l’enfance, du jeu qui est sécurisant et aller vers celui des adultes qui est un monde inconnu. Au cours de ces mouvements, le sujet peut être fragilisé. La question du conflit est toujours au centre de l’adolescence.
Par quoi se traduit ce conflit ?
Il se traduit dans son comportement, ses prises de position qui peuvent dérouter parfois. Et les parents doivent être attentifs à tous ses mouvements affectifs, psychologiques et cognitifs.
Certains parents dont les enfants se sont donné la mort disent qu’ils n’ont observé aucun signe d’alerte…
Il n’y a pas souvent de signes extérieurs. Parce que nous sommes dans une société où la relation individuelle n’est peut être pas bien observée. Il faut prendre l’habitude de parler avec les personnes. Les études montrent que ceux qui ont envie de se suicider ont souvent rencontré un personnage dans le mois qui a précédé le passage à l’acte. Dans ce conflit, il peut y avoir des comportements impulsifs.
La décision est-elle préméditée ou ponctuelle ?
Ce n’est pas spécifique aux adolescents. Les idées de suicide sont parfois présentes dans 80% des cas chez les déprimés. Est-ce qu’un adolescent peut être déprimé ? Oui, il y a des dépressions d’adolescents qui peuvent passer inaperçues. Parce qu’ils sont dilués dans les fameux équivalents. Ça peut être l’agressivité ou d’autres choses. Cela peut être masqué. Mais le médecin généraliste a un rôle très important à jouer.
Lequel ?
Dans la prévention. Puisque l’adolescent va s’exprimer par son corps. Il maltraite son corps. Donc les éducateurs peuvent discuter avec les enfants. Il faut être proche d’eux. Quand on a une position figée sur les adolescents, c’est évident qu’on n’y arrive pas.
Cette absence d’attention chez l’adulte ne peut-elle pas pousser l’enfant au suicide ?
C’est une question à laquelle les adultes doivent répondre. Quand on a une compréhension de l’adolescence, de tout ce qui se passe comme mouvement psychologique, intellectuel, social… Etes-vous confronté à ce type de cas ?
Nous avons un service de guidance qui reçoit ce type de cas. Ce fait est une réalité. Il est bon que nous réfléchissions pour mettre en place des programmes de prévention.
Existe-il un projet dans ce sens ? Il y a un programme national de santé mentale. Il est dirigé par le Pr Delafosse Roger.
Des enfants suivis pour tentative de suicide n’ont-ils pas fini par passer à l’acte ?
Dans toutes entreprises, il y a des échecs. Les statistiques que nous avons sont incomplètes. Car, elles viennent de sources différentes. Mais c’est déjà un début.
Comment cela se passe-t-il ? Est-ce les parents qui viennent avec les enfants parce qu’ils ont tenté de se suicider ou est-ce la démarche contraire ?
Quand on a tenté de se suicider, il y a un cheminement. On est conduit aux urgences. Là-bas, on peut réorienter le patient vers un autre service pour continuer le traitement.
En général, quels sont les moyens utilisés ?
On peut tout voir. Un suicide peut se présenter comme une idée lointaine. Il peut avoir un passage à l’acte immédiat. Il peut tenter avec tout ce qui est à sa disposition, les médicaments par exemple. Les moyens peuvent être divers. Il ne faut pas les citer pour ne pas encourager d’autres enfants à les utiliser.
Vous avez parlé de dépression. Comment conduit-elle à l’idée du suicide ?
La dépression correspond toujours à un moment où l’individu est découragé. Il pense que rien n’est possible. Il y a beaucoup de facteurs qui interviennent dans la suite des événements. La période de passage à l’acte correspond toujours à un moment où l’individu est en désorganisation psychologique. Il y a plusieurs maladies mentales qui peuvent amener à se suicider. Mais, nous parlons des adolescents. Mon message, il est simple. Il y a un mouvement général concernant tous les adolescents. Si on veut faire un programme, il faut comprendre le mouvement de l’évolution de l’individu. Dans ce lot, il peut y avoir des adolescents qui ont des difficultés passagères et quand les difficultés apparaissent, il faut les aider. Ils peuvent avoir des difficultés à peu près normales. Mais, ils peuvent aussi avoir de vraies maladies, il faut les repérer et les soigner. Il y a des pathologies qui commencent le plus souvent à cet âge, des problèmes de santé. Il faut les observer. Ça ne veut pas dire que c’est la pathologie. Mais il peut y avoir la pathologie et je vous ai dit que parmi les pathologies, un adolescent peut être déprimé. Et quand il est déprimé, le risque de suicide est présent. Mais un adolescent normal peut être impulsif et il peut mettre sa vie en danger.
Les proches de Gabrielle Dionne, décédée à la suite d'une chute de car surfing, lui ont rendu un hommage émouvant, hier, à Drummondville.
Si les circonstances inusitées et choquantes de la mort de leur amie ont retenu l'attention partout au Québec, les amis de Gabrielle se souviennent d'elle comme d'une fille sportive, enjouée et dynamique.
«C'était une fille super. C'est tellement injuste de mourir comme ça, pour une niaiserie de même», a lancé une amie de la défunte, avant d'éclater en sanglots après la cérémonie qui s'est tenue en l'église Saint-Frédéric, dans le centreville de Drummondville.
Dans un geste très émouvant, les parents de Gabrielle, de même que ses coéquipières de soccer, ont laissé s'envoler des ballons rouges et blancs, arborant le chiffre 18.
Gabrielle Dionne s'est grièvement blessée en tombant sur la tête, alors qu'elle se tenait sur le capot d'une voiture conduite par une amie, le 27 juillet dernier. Après avoir passé quatre jours dans le coma, la jeune fille a été débranchée.
La conductrice, Jessica Gauthier, qui est âgée de 18 ans, doit répondre à une accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort.
Sensibilisation
Choqués par le caractère téméraire et inutile du car surfing, les parents de la jeune Gabrielle lancent un appel pour sensibiliser les gens aux risques énormes de ce jeu dangereux. Ils invitent les jeunes à consulter un site Internet dédié aux dangers du car surfing, à l'adresse http://carsurfingkills.com.
Gabrielle est la deuxième personne victime du phénomène du car surfing cette année au Québec. En juin dernier, Kevin Ducharme, un homme de 27 ans de Dollard-des-Ormeaux, est mort dans des circonstances similaires. Son ami, Tommy Palliser, 33 ans, a été accusé de négligence criminelle ayant causé la mort et de délit de fuite.
Amendes plus sévères
Ces deux cas de morts causés par le car surfing amènent le ministère des Tranports à considérer l'apport des modifications au Code de la sécurité routière. Le gouvernement pourrait notamment alourdir les amendes données aux gens qui s'adonnent au car surfing en se tenant sur le toit ou le coffre d'une voiture en marche.
Les amendes actuelles sont de 30 à 60 $. En comparaison, il en coûte de 115 $ à 154 $ pour une personne qui roule sans sa ceinture de sécurité.
Le "jeu du foulard" gagne les Etats-Unis
Au moins 82 jeunes Américains âgés de 6 à 19 ans sont morts entre 1995 et 2007 en pratiquant le "jeu du foulard", selon la première étude jamais réalisée par le gouvernement américain sur cette pratique dangereuse.
Ce jeu, qui se pratique seul ou à plusieurs, consiste pour un enfant à bloquer volontairement sa respiration et à empêcher le sang d'irriguer le cerveau à l'aide d'un morceau de tissu, d'une corde, d'une ceinture ou même d'une laisse, pour éprouver des sensations d'étourdissement.
Il ressort de plusieurs études menées localement que près de 20% des adolescents et pré-adolescents américains s'adonnent à ce jeu, parfois en groupes. Mais pratiquement tous les décès recensés se sont produits alors que les jeunes jouaient seuls, selon un décompte établi par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d'Atlanta (Géorgie), de 1995 à 2007.
Les CDC ont commencé leur étude après avoir reçu une lettre l'an dernier d'un médecin de Tacoma, dans l'Etat de Washington, dont le fils âgé de 13 ans était décédé en 2005. "A l'époque je n'en avais jamais entendu parler", explique dans ce courrier le Dr Patricia Russell, dont le fils a été retrouvé pendu dans un placard. Elle dit avoir appris que son fils en avait parlé à l'un de ses camarades. "Il est primordial d'avoir davantage d'informations sur ce phénomène qui devient de plus en plus courant", écrit-elle.
Les CDC ont établi leur décompte sur la base d'informations relayées par les médias et les associations de protection de l'enfance. Ce total n'inclut pas les décès suspects, c'est-à-dire quand il a été impossible d'imputer la mort au "jeu du foulard" ou quand il s'est agi d'un suicide. Ces 82 décès se sont produits dans 31 Etats. Près de 90% des victimes étaient des garçons dont l'âge moyen était de 13 ans.
Entre 1995 et 2004, on ne déplorait que trois morts. Ce chiffre est passé à 22 en 2005, 35 en 2006 et au moins neuf en 2007. On ignore encore la raison exacte de cette progression.
Les CDC appellent les parents à la vigilance et de surveiller d'éventuels indices d'alerte tels que les yeux injectés de sang, des marques sur le cou, des maux de tête fréquents ou encore la présence de corde, d'écharpe ou de ceinture dans la chambre de l'enfant.
Les auteurs de l'étude reconnaissent que ces chiffres sont probablement sous-évalués. Par exemple, ils n'ont pas pu se fier aux certificats de décès qui ne font pas de différence entre les morts par "jeu du foulard" des autres décès involontaires par strangulation.
Selon le Dr Tom Andrew, médecin-légiste en chef de l'Etat du New Hampshire (nord-est), qui étudie le phénomène depuis des années, il est probable que le "jeu du foulard" coûte la vie à une centaine de jeunes Américains par an. Il a expliqué que nombre des légistes classent le décès en suicide parce qu'ils n'ont pas le temps ou les moyens d'interroger les amis de la victime et de chercher d'autres explications.
Le phénomène n'est pas propre aux Etats-Unis. A la fin septembre 2007, un sondage TNS-Sofres pour l'association "SOS Benjamin" faisait apparaître que près d'un million d'enfants avaient déjà participé à un jeu dangereux en France. Plus de huit enfants sur dix étaient en mesure de citer le nom d'au moins l'un des jeux dits "dangereux". Répertorié comme "jeu de non-oxygénation", le "jeu du foulard", cité par 72% des sondés, est le plus connu. AP.
Trois fabricants de bombes interpellé
| DANGEREUX |
Trois Houdinois, dont deux ont entre 16 et 18 ans et un a tout juste passé le cap de la majorité, n'ont pas trouvé d'autres occupations estivales que la fabrication de bombes artisanales.
Ce trio s'est « amusé » à faire exploser ses « joujoux » dans un terrain vague situé dans le Haut d'Houdain, avant de viser la cour d'un voisin avec lequel ils avaient un différend.
Interpellés par les policiers bruaysiens, ces jeunes ont expliqué avoir trouvé le mode d'emploi pour fabriquer ces engins sur Internet. Il ne leur restait plus alors qu'à trouver les principaux ingrédients : de l'acide chlorhydrique et du papier aluminium.
Le 16 octobre, les deux mineurs devront répondre de ce jeu dangereux devant le juge des enfants. Quant au majeur, il sera entendu en février 2010 par le tribunal correctionnel. Pour fabrication d'explosif, ils risquent cinq ans de prison et pour dégradation par moyens d'explosif, dix ans. •
«Jeu du foulard» : suspicions à l'école de Layrac
Le principe de précaution appliqué par l'école dans une lettre de parents. Une enquête des gendarmes est en cours.
Les parents d'élèves de l'école élémentaire de Layrac viennent d'être alertés dans un courrier daté d'hier, mardi 18 novembre, et signé du directeur que des incidents étaient survenus très récemment au moment de la cantine et plus particulièrement chez un élève qui fréquente l'établissement scolaire de la place du Royal à Layrac. La missive fait état dans un style affirmatif « d'enfants qui auraient pratiqué des jeux dangereux du type non-oxygénation ». Des suspicions de jeu dit « du foulard », le plus connu, sans être néanmoins en mesure de l'identifier formellement, sachant que différentes pratiques semblent avoir fait jour dans les cours d'école ces dernières années.
Parents inquiets
Des cas se soldant parfois par des drames. Les jeux de non-oxygénation, asphyxie, strangulation ou suffocation sont baptisés tour à tour : « trente secondes de bonheur », « rêve bleu », « rêve indien », « jeu du cosmos », « des poumons », « de la tomate » ou de « la grenouille ».
Appliquant le principe de précaution, le directeur de l'école primaire a invité les parents à faire preuve de la plus grande vigilance, expliquant au passage de façon circonstanciée les signes physiques et comportementaux à observer chez son enfant et surtout les dangers inhérents à ces pratiques.
Le risque vital en tête. Même si la prudence reste de mise, cette affaire est prise très au sérieux par la gendarmerie qui a ouvert dès hier une enquête afin de mieux cerner les circonstances et déterminer si les présomptions sont bien avérées et dans quelle proportion le phénomène éventuel s'exerce.
Des auditions menées par les gendarmes de Laplume étaient en cours hier soir à l'école.
De source proche du dossier, les parents se seraient légitimement inquiétés dès qu'ils ont été destinataires de la lettre le soir à la sortie de l'école.
Et certains auraient directement fait part de leurs craintes auprès des gendarmes. La décision de prévenir les familles ayant été sûrement prise dans l'urgence, explique peut-être le fait que le maire de la commune, Pierre Pujol, n'avait pas toutes les cartes en main hier soir pour communiquer sur des suspicions d'incidents par essence sensibles, dès que cela touche des enfants. Un travail de prévention a été mis en place dès hier à l'école par le corps enseignant.
ARLON
Jeu du foulard : La mort d'un adolescent à Toernich
Un jeune garçon de 14 ans a perdu la vie, mercredi soir, alors qu'il pratiquait le jeu du foulard, seul, dans sa chambre. Un drame qui bouleverse toute la région et qui démontre les dangers de tels jeux.
D. L.
Victor Martin, 14 ans, est mort des suites du jeu du foulard, connu pour être pratiqué essentiellement par des enfants et jeunes d'ailleurs. Un jeu particulièrement dangereux.
Le jeu du foulard consiste à bloquer sa respiration jusqu'à évanouissement par compression du sternum ou de la carotide, à l'aide d'un foulard notamment. L'évanouissement est précédé de sensations fortes et d'hallucinations que recherche le jeune. Le jeu est souvent pratiqué en groupe. Il est d'autant plus dangereux quand plus personne ne peut intervenir. Car les conséquences peuvent s'avérer fatales. Les pratiquants peuvent garder des séquelles irréversibles dues à des lésions cérébrales. L'évanouissement peut également provoquer un arrêt cardiaque.
Le phénomène est bien connu et plusieurs associations se sont créées pour mettre en garde enfants et parents sur le danger de ces pratiques.
De nombreux décès résultant de ces évanouissements provoqués sont à déplorer chaque année. Ces pratiques entraînent souvent une forme de dépendance.
Puisse le décès de Victor attirer l'attention sur les conséquences dramatiques que peut provoquer cette pratique.
« Le garçon était seul dans sa chambre, confirme le procureur d'Arlon Serge Lipszyc. C'est le papa qui l'a découvert. Pratiquer ce jeu en solitaire est d'autant plus dangereux qu'en groupe. »
Le jeune garçon comptait de nombreux amis au club d'échecs d'Arlon et parmi les scouts.
Victor laisse ses parents Nicole et Danny, ses deux sœurs, Zoé et Lily, ainsi que toute la famille dans une immense peine.
« Victor était un adolescent discret, un petit blond vif d'esprit, un garçon possédant d'excellentes facultés intellectuelles ».
Son papa est ingénieur, sa maman, psychologue dans l'enseignement de la Communauté française à Arlon. Ce sont des personnes bonnes et généreuses.
Victor était, lui, étudiant à l'ISMA, Arlon.
Les médecins ont fait l'impossible pour ranimer l'adolescent, en vain.
Cet accident qui s'est produit mercredi soir a provoqué le drame. Un drame qui bouleverse toute la jeunesse du chef-lieu.
Comment parler des jeux dangereux avec nos enfants ?
BD, vie quotidienne, découverte
7-11 ans
Jeu du foulard, jeu de la tomate, jeu du pendu… Doit-on parler de ces jeux dangereux à un enfant qui n'y est pas encore confronté ? Comment lui faire prendre conscience très tôt des risques et lui apprendre à respecter son corps ainsi que celui de ses camarades ? Les conseils de Valérie Giaccone-Marcesche, pédopsychiatre.
Il faut se saisir d'occasions concrètes comme les moments de jeu, pour avertir des dangers. Quand les tout-petits jouent au “cheval”, en tirant un foulard autour du cou d'un copain, l'adulte doit intervenir et expliquer : “en serrant le cou, on empêche la ‘tête’ de respirer ou le sang de circuler dans les veines, on peut s'arrêter de vivre.” Trouvez les mots qui vous conviennent.
N'hésitez pas, avec les 8-10 ans, à fournir des explications anatomiques (en simplifiant les fonctionnements du corps humain). C'est en comprenant le mécanisme du corps, qu'un enfant aura conscience du danger qu'il y a à arrêter de respirer ou à étrangler l'autre.
Observer son enfant
L'idée n'est pas, bien sûr, de susciter chez l'enfant des idées qu'il n'aurait pas eues ! C'est pourquoi il est important d'observer son enfant à la maison, avec ses copains et surtout de se renseigner sur qui se passe à l'école, particulièrement en cour de récréation. A quels jeux jouent-ils, avec qui ?
Dialoguer avec les enseignants
Le dialogue avec les enseignants est essentiel car ces jeux se pratiquent plus souvent en collectivité. On peut demander aux enseignants d'expliquer en classe le fonctionnement du corps humain. On peut aussi leur suggérer d'organiser des jeux collectifs en cour de récréation pour apprendre aux enfants à se confronter les uns aux autres, dans des jeux sans danger en respectant des règles de respect mutuel, les gestes interdits, etc.
Lui apprendre à respecter son corps et celui des autres
Ce que l'on doit transmettre aux enfants, dès tout petit, c'est le respect de son propre corps et du corps des autres. Il n'y a pas d'âge et pas de risque à aborder ces notions-là. Au contraire ! On doit dire clairement à un enfant qu'il n'y a aucune raison d'accepter que les autres le blessent, lui fasse mal. De même, on ne se fait pas soi-même du mal, on respecte son corps.
Cela permettra plus tard, avec des adolescents, d'aborder des questions comme le piercing ou le tatouage, en leur faisant mesurer qu'il y a une prise de risque dans ces pratiques. Elles ne sont pas sans conséquence sur la santé.
Ecole: Le petit pont qui massacre
Un élève de 12 ans roué de coups mercredi au collège de Sevran; un autre hospitalisé au Havre il y a deux semaines dans les mêmes conditions. Tous deux sont victimes d'un jeu qui fait fureur dans les cours de récréation: le "petit pont massacreur". Magalie Duweltz, auteur d'Alerte aux jeux dangereux, revient pour leJDD.fr sur un phénomène qui a fait 300 morts depuis 1995.
Qu'est-ce que ce "petit pont massacreur"?
Au total, on recense une quarantaine de jeux dangereux en France. Le "petit pont massacreur", aussi appelé "la mêlée", est un des plus pratiqués. Le principe est simple: on lance un ballon entre les jambes d'un camarade; si celui-ci ne bloque pas la balle, il est roué de coups. Les jeux d'attaques avec passage à tabac sont plus répandus chez les garçons. Chez les filles, ce sont surtout des "jeux d'asphyxie", appelés la tomate, le jeu du foulard, de la serviette, du rêve indien? Ces changements de noms selon les époques et les régions compliquent la prévention.
Assiste-t-on à une recrudescence de ces pratiques? N'ont-elles pas toujours existé?
Les premiers signalements de jeux dangereux en France remontent à 1650. Ce n'est pas une nouveauté. Lors de soirées de veille, les enfants imaginaient déjà des épreuves d'initiation. On constate tout de même une recrudescence de victimes ces dernières années. Depuis la création de l'association en 1995, nous avons recensé 300 décès. En 2007, un million d'enfants de 7 à 17 ans, soit 12% d'entre eux, ont participé à un jeu à risque, d'après une enquête TNS Sofres. En octobre 2008, 200 familles nous ont alertés sur des jeux d'asphyxie. Le dernier décès date du mois de novembre.
Pourquoi les enfants se soumettent à ces violences?
Ils recherchent des sensations fortes. C'est aussi une façon de braver l'interdit, de se lancer des défis, de s'imposer comme leader dans la cour de récré, de prouver "qu'on est cap". La plupart des enfants sont volontaires, contrairement à la dernière victime de Sevran. En général, l'élève commence par observer. Intrigué, il entre dans la partie sans connaître les règles. Quand il les comprend et souhaite se retirer, il est trop tard. L'enfant est piégé. Ceux qui tapent ne sont pas conscients des risques. Pour eux, c'est un peu comme du catch à la télé. Or les conséquences peuvent être très graves. Outre les blessures physiques, bras cassés, traumatismes crâniens, ces jeux peuvent laisser des blessures psychiques, une mauvaise estime de soi, un manque de sommeil ou de concentration par exemple. Dès qu'on fait de la prévention, les jeux s'arrêtent en général du jour au lendemain.
Justement, comment prévenir ces pratiques?
Les parents doivent déjà connaître leur existence, accepter que cela n'arrive pas qu'aux autres. Certains pensent que si leur enfant est sage, il n'est pas concerné. Ce qui est faux, d'autant qu'il n'est pas forcément le même à la maison et dans la cour de récréation. L'enquête TNS Sofres menée en 2007 montre que les élèves n'informent pas leurs parents. Ils les protègent, alors que ce sont eux qui devraient être protégés. De leur côté, les enseignants doivent être très attentifs, car il n'est pas toujours facile de distinguer une petite altercation, d'un jeu dangereux qui se répète. Le ministère de l'Education a envoyé une circulaire aux rectorats, mais l'information ne retombe pas forcément dans tous les établissements. Nous avons donc créé un coffret pédagogique de prévention à disposition de tous les professeurs et parents intéressés. Ce coffret est adapté aux pratiques régionales. Il comprend un diaporama pour les enfants, un autre pour les adultes, des notes explicatives, un film documentaire de 13 minutes, 30 plaquettes à distribuer, des idées de rédaction ou d'animations à proposer aux élèves. La cour de récréation doit rester un espace de détente, un espace ludique.
L'auto-asphyxie, "jeu" mortel
Un adolescent de 15 ans a été retrouvé le 3 décembre dernier à Lesneven (Finistère), mort par suffocation. Sa tête était couverte d'un sac poubelle, scotché au niveau du cou. Sur l'ordinateur du garçon, une séquence vidéo mettant en scène une jeune femme suffoquant lors d'une expérience similaire était toujours à l'écran. Un drame qui illustre la dangerosité des jeux d'auto-asphyxie.
On connaissait le jeu du foulard et le petit pont massacreur. Dans la longue liste des jeux dangereux auxquels s'adonnent les adolescents et enfants, ceux dits de non-oxygénation ou d'asphyxie, de strangulation et de suffocation sont également à la mode. Le drame qui a endeuillé la petite commune de Lesneven, dans le Finistère, au début du mois de décembre, illustre la dangerosité extrême de ces pratiques. Un "accident" tragique que la famille du garçon souhaite médiatiser, afin se sensibiliser les jeunes et les aider à prendre conscience du risque réel de ces jeux mortels.
Ce sont les grands-parents, inquiets de ne pas voir arriver leur petit-fils, qui ont alerté les secours. Mais lorsque l'équipe du Samu est arrivée au domicile de l'adolescent, celui-ci gisait inerte, un sac poubelle sur la tête, scotché à la base du cou. Si la mort est accidentelle, l'asphyxie en revanche était bel et bien volontaire. Malgré les efforts des médecins, l'adolescent ne pourra être ranimé.
Un jeu qui a mal tourné
Lorsque les gendarmes visionnent la vidéo qui est à l'image sur l'ordinateur de la victime, ils comprennent. Dans l'intimité de sa chambre, le garçon a reproduit une auto-asphyxie, effectuée dans la vidéo en question par une jeune femme asiatique. L'expérience de la suffocation, menée jusqu'à l'apparition de spasmes voire l'évanouissement, est à rapprocher des jeux du foulard et de ses nombreuses variantes: trente secondes de bonheur, rêve bleu, rêve indien", "jeu" du cosmos, "jeu" des poumons, "jeu" de la tomate, de la grenouille. Dans le cas de Lesneven, aucun élément ne laisse penser qu'il puisse s'agir d'un suicide.
L'adolescent, décrit comme "épanoui, bien dans sa famille, bien à l'école" par les enquêteurs, "n'était pas du tout fragile" et "n'avait pas du tout de prédispositions suicidaires". Son décès est donc un accident, un jeu qui a mal tourné. Une expérience poussée à son ultime point, celui de non-retour, où les muscles ne répondent plus aux sollicitations d'un cerveau déjà embrumé par le manque d'oxygène. Seul dans sa chambre, le garçon est décédé.
Pas de vaccin contre les jeux dangereux
Pour Magali Duwelz, la présidente de l'association SOS Benjamin (Observatoire national des conduites à risques), seule une meilleure information des familles sur ces pratiques peut permettre de limiter les risques. C'est dans ce but que la famille de Lesneven a autorisé la médiatisation de l'affaire. Mais "il n'y a pas de vaccin contre les jeux dangereux", a reconnu Mme Duwez.
Qu’ils appellent ça la machine à laver, la tomate, ou la canette, les enfants s’amusent à se faire mal ou peur. Au péril de leur vie.
Dans les Yvelines, Sofiane n’a pas eu de chance. C’est lui, un petit de CP, que deux grands de cours moyen ont décidé de prendre comme tambour de machine à laver. Le jeu consiste à faire tournoyer la victime de bas en haut, en la tenant par les pieds et les bras, le plus vite possible… comme s’il était dans une machine à laver. À cet âge, ça a sans doute l’air drôle. Mais c’est surtout dangereux. Les grands n’ont pas rattrapé Sofiane qui, tombé sur la tête, souffre d’un traumatisme crânien. Si la violence a toujours fait partie des cours de récré, les 6-10 ans d’aujourd’hui regorgent d’imagination pour nommer leurs conduites à risques. Ils parlent de 30 secondes de bonheur, ou de nuit merveilleuse pour désigner le jeu du foulard qui consiste à s’étrangler ou se faire étrangler pour provoquer de soi-disantes hallucinations. Ou le jeu de la tomate, une variante dont le but est de se faire rougir au maximum par suffocation. Cap ou pas cap ? Près de 80 enfants en sont déjà morts, comme l’explique au Parisien Magali Duwelz, la présidente de l’association SOS Benjamin, dont le fils de 10 ans est décédé à cause du foulard. Le passage à tabac a également le vent en poupe chez les écoliers. Dans un cercle, celui qui ne rattrape pas la canette de soda est battu par les autres. Le jeu du bouc émissaire consiste à désigner un môme qui sera battu et humilié toute la journée, mais qui aura sa revanche le lendemain en devenant lui-même désigneur…
Au vieux jeu d’action ou vérité, les collégiens ajoutent la notion de chiche. Se soumettre au chiche consiste à effectuer une action dangereuse en une minute -traverser l’autoroute, grimper sur le toit, gifler un prof… Les enfants adorent jouer avec le feu. À l’adulte de les prévenir des risques réels, et mortels.